Et l'economie idiots!

Au Liban, les jours succèdent aux jours, les évènements succèdent aux évènements, et ce qui vient est semblable à ce qui est parti. Rien ne change. Chaque génération s’accroche à un espoir suspendu au-dessus d’un vide. Et on s’habitue au vide. On contemple le vide comme on contemple un coucher de soleil. C’est l’image d’un coucher de soleil perpétuel qui traduit cette oppressante sensation de vide. Le soleil couchant avant de sombrer derrière l’horizon. Ce n’est plus le jour, ce n’est plus tout à fait la nuit. C’est l’entre-deux. Le moment où tout peut basculer. Tout peut basculer à tout moment. Les ombres sont gigantesques, inamovibles et immobiles. Le silence est épais, le temps arrêté. Le soleil disparait, mais pas complètement, et laisse une lueur rougeâtre, une tâche de sang qui ne s’efface pas. Devant ce paysage, le Liban danse le tango, un pas en avant, deux pas en arrière, et s’enfonce un peu plus vers un point de non-retour.

Rien ne change, mais les cadavres s’entassent dans les placards et l’économie disparaît derrière la nécessité de financer le gâchis, le vol organisé, la violence perpétrés par les tenants du système et la servitude volontaire des petits hommes enfermés dans des tribus confessionnelles pour être plus dociles et obéissants et surtout pour demeurer idiots.
Ces chroniques, volontairement acerbes, ont pour but de jeter un coup d’œil rétrospectif sur une colère qui éclate, une désespérance qui se généralise, une crise qui se propage et une révolution qui se trame.

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